Un blog de plus ? Un blog pour qui, un blog pour quoi, un blog pourquoi ?

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Cet espace est alimenté bien maladroitement (et peut-être pas assez souvent) par une poignée de personnes souhaitant réfléchir à quelques problèmes sociétaux. Fous que nous sommes, nous désirons soumettre le fruit de cette réflexion à la sagacité des uns et des autres. Le tout dans un esprit d’ouverture et de bonne franquette. Avouons-le dès à présent, nous sommes des Insoumis et à ce titre (nous y reviendrons souvent), nous partageons l’essentiel des idées du programme de l’avenir en commun. Mais à vrai dire il est une seule chose qui anime notre pensée, qui fédère notre action, qui alimente nos réflexions, et elle tient en quatre mots : l’humain d’abord.

Nous n’obligeons personne à partager nos goûts et nos idées, mais nous tenons aussi à ce que ce soit réciproque. Nous souhaitons proposer des solutions, partager des informations, favoriser les échanges, élever le débat, vivre… Il y sera question d’éducation, de poésie de temps à autre, de « canchons » (eh oui, nous sommes nordistes), d’environnement souvent, de littérature parfois, de culture si nous y parvenons, de jardinage peut-être, de mode de vie sans doute… mais surtout de politique. Quoi de plus normal en cette année présidentielle… et au-delà.

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samedi 10 juin 2017

SELPHI#03 / La pertinence (enfin) du VRAI vote utile



Demain, les français de métropole sont appelés à voter pour ceux qui les représenteront à l’Assemblée Nationale.

Après les élections présidentielles qui ont complètement bougé les lignes et donné à la France un nouveau président, l’heure est venue d’élire ceux qui porteront la politique de notre pays durant les cinq prochaines années.

Pour moi, la situation est en fait assez claire.

Si j’exclue le Front National et les candidats qui se revendiquent d’extrême gauche, le paysage politique semble recomposé de la manière suivant.

Le mouvement la « République En Marche » (REM) a présenté des candidats un peu partout mais a fait le choix de laisser ici et là le champ libre à des candidats du « Parti Socialiste » ou des « Républicains ». Les candidats, dits de la société civile, sont majoritairement des cadres supérieurs ou des indépendants, ce qui n’est pas une tare. Mais en aucune manière, ils ne représentent l’ensemble de la société. Ils savent déjà tous que leur président souhaite gouverner le plus possible par ordonnances, c'est-à-dire sans que la chambre puisse changer la moindre virgule d’un texte de loi. Eux-mêmes, sur les lois les plus importantes du quinquennat, ne serviront donc qu’à donner un blanc-seing total au président de la république. Ajoutons enfin que le programme porté par Emmanuel Macron, qui a en partie filtré par la presse à seulement quelques jours du scrutin, est clairement un programme néolibéral, pour ne pas dire ultralibéral. Cela, sans qu’il soit clairement connu d’ailleurs, ce qui est tout de même incroyable. Il n’a rien de social libéral et en cela se différencie de celui du Parti Socialiste (PS).

Le Parti Socialiste, justement, présente des candidats dont on ignore aujourd’hui s’ils seront dans l’opposition ou dans la ligne de REM. La confusion est extrême car certains candidats se revendiquent déjà de ce mouvement tandis que d’autres ont annoncé qu’ils souhaitent former avec ce mouvement une majorité dite de progrès. Rares sont ceux qui s’opposent frontalement à la politique du président Macron. Ce qui est certain, en tout cas, c’est que le programme soutenu par le PS n’est pas celui qu’avait porté Benoît Hamon. J’ajoute que certains candidats ont déjà dit que s’ils n’étaient pas qualifiés pour le second tour, ils se désisteraient pour un candidat REM, voire même un candidat LR. Il semble donc que les choses sont assez claires.

Le parti « Les Républicains » (LR) est assez divisé. Lui non plus ne soutient plus l’intégralité du programme de son candidat aux présidentielles, François Fillon. Les membres du parti sont divisés mais ne cachent pas, pour nombre d’entre eux, souhaiter gouverner avec une majorité présidentielle. Pour ne pas bloquer la France, disent-ils. Plusieurs d’entre eux ont aussi annoncé qu’ils se désisteraient si besoin pour un candidat de REM ou du PS. Donc, là aussi les choses sont claires.

Le mouvement de La France Insoumise (LFI) a présenté des candidats un peu partout. Ces candidats, qui sont en très grande majorité des novices en politique et pour la quasi-totalité des personnes issues du peuple (c’est-à-dire issues de la vraie société civile, celle qui représente la totalité des « catégories sociales »). Mais surtout, ils portent un programme de rupture avec les trois autres présentés ci-dessus. Ce programme est strictement le même que celui présenté par le candidat Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle. Il se nomme l’avenir en commun. Il a été débattu et voté par les insoumis eux-mêmes et surtout, il est parfaitement connu, diffusé et détaillé (sur internet notamment, mais aussi dans le livre acronyme) et même chiffré.

Petite parenthèse. Après une dynamique présidentielle qui a failli le porter au second tour, certaines forces dites de gauche se présentent désunies. Certains médias ont tenté d’en faire porter le chapeau au leader de la France Insoumise, en oubliant qu’il y a derrière tout cela des calculs politiques évidemment, et financiers aussi (puisque chaque voix obtenue aux législatives rapportera un Euro quarante au candidat, ce qui permet de remplir certaines caisses vides ou en passe de l’être). Mais de cela personne ne parle.


J’en reviens au cœur de mon propos. Je trouve que la situation est assez claire pour ce qui concerne et pour moi il n’y a que deux solutions.

La première de ces solutions consiste à penser qu’il faut donner une majorité à Emmanuel Macron, et cela même si on ne souscrit pas à sa politique. Cette stratégie découle de l’idée selon laquelle Macron étant élu, il faut lui donner ses chances. Que dans le cas contraire, le chaos ou l’immobilisme nous menaceraient, qu’il est urgent de réformer, que sais-je encore. Évidemment, je ne partage pas cette vision des choses pour au moins trois raisons. D’abord, c’est bien le parlement qui vote les lois et bien d’autres choses (comme le budget de l’État ou de la Sécurité Sociale). Ensuite, j’estime qu’il est dangereux de donner les pleins pouvoir à un homme qui a clairement exprimé son souhait de gouverner le plus possible par ordonnances, c’est-à-dire sans véritable débat contradictoire et avec l’impossibilité de changer un texte en cours d’étude. Enfin, je reste convaincu que la démocratie consiste à voter pour des idées, pour un programme, et non pour un homme, fût-il président de la République.

La seconde solution est en réalité assez simple. Si l’on considère que selon toute probabilité, REM, LR et le PS gouverneront ensemble, l’électeur a le choix entre voter pour l’un de ces partis (en conscience certes, mais en connaissance de cause), ou de s’opposer à la vision libérale du monde que la quasi-totalité des candidats de ces trois mouvements défendent avec, il est vrai, quelques nuances. Or en quoi consiste cette opposition frontale ? Tout simplement à voter France Insoumise. J’ai bien dit « France Insoumise », c’est-à-dire pour le programme l’avenir en commun, et non pour Jean-Luc Mélenchon qui a confirmé à plusieurs reprises n’être candidat que dans une seule circonscription. Partout ailleurs, les candidats ont bataillé, tracté, fait du porte-à-porte, tenté de convaincre.

Oh, il y a bien une troisième solution dont je crains d’ailleurs qu’elle soit choisie par certains : l’abstention. Je l’ai moi-même préconisée pour le second tour des présidentielles, parce que je ne croyais pas à ce fichu barrage. Mais aujourd’hui, s’abstenir, c’est donner une voix au gagnant. Et pour l’instant, si l’on en croit les sondages, le gagnant, on sait qui il est…

Nous sommes donc face à un choix assez simple selon moi : celui du VRAI vote utile. Chaque électeur peut maintenant voter :

  • Pour REM ou à défaut pour le PS ou LR dont les programmes rejoignent sur de nombreux points le projet de REM ;
  • Pour la France Insoumise et son programme l’avenir en Commun, un projet radicalement centré sur l’humain, éco-socialiste et humaniste.

C’est cela la démocratie. Le reste, c’est au mieux de la tambouille, au pire une partie de 421.

Vous aurez compris que mon vote utile à moi, c’est la France Insoumise.


                                                                              J-Luc Menet, 10 juin 2017

dimanche 4 juin 2017

SELPHI#01 / La cuisse de Jupiter



Ce texte date de dix jours environ. Je ne le poste qu’aujourd’hui. Je l’avoue, j’ai délaissé ce blog. À cause du coup de bâton sur la tête peut-être. Ou alors, avouons-le, parce que je me suis dit qua maintenant, tout cela n’est plus mon problème. Que les gens ont voté, qu’ils ont eu ce qu’ils ont voulu (ou pas ! …). D’ailleurs, peut-être que je suis mauvais perdant.
Alors, j’ai mis ma carapace en espérant qu’elle dure cinq ans. Elle a duré à peine un mois.

Que s'est-il passé en quatre semaines ?

Il y a eu bien sûr l’investiture, cette longue marche au Louvre, cette ombre portée sur la pyramide, ces messages subliminaux rappelant d’autres temps. La place de la première dame aussi. Avons-nous élu un roi (enfin, je dis « nous », vous me comprenez…) ? Et les saluts sur les champs Élysées faits à des spectateurs inexistants au point que même les chaînes de télé avaient du mal à trouver des angles adéquats. Et puis les ministres, tous ayant montré où allait leur cœur, quelle serait leur politique ; tu issus du sérail, des femmes et des hommes d’affaires. Sauf Nicolas Hulot bien entendu. Bon, rien d'étonnant en fait. Après tout, le programme était connu, du moins dans les grandes lignes, même si les journalistes ont passé leur temps à le prétendre de gauche. Si c’est cela la gauche, alors il faut que je révise mon histoire.

Mais ce n’est pas tout. Depuis que le candidat Macron est devenu officiellement le président de la république française, la machine médiatique s’est remise en route. Il n’y en a que pour lui et le mouvement « En marche », rebaptisé la « République En Marche » (REM), on se demande bien pourquoi. Le programme est à nouveau décliné, mais avec un angle de vue tout à fait choisi (oh, le beau programme qui va réussir, oh, les candidats issus de la société civile, oh les LR qui rejoignent REM, oh le PS qui penche vers REM…). J’ajoute que les quelques sondages qui sont distillés annoncent REM gagnant alors que si on creuse, rien n’est joué, au point que les médiacrates ne montrent de ces sondages que ce qui les arrange. Ainsi, tout va être fait, et cela a commencé, pour nous mettre dans la tête que l’affaire est dans le sac, que tout est joué d’avance. Et c'est tout juste si c’est la peine d’aller voter... J’u reviendrai.

Allumez la télé ou la radio, ouvrez un journal et vous verrez que la France Insoumise est inexistante ou qu’elle est citée de manière anecdotique. Depuis dix jours, Jean-Luc Mélenchon parcourt la France et soutient nos candidats. A chaque déplacement, il y a foule. Les événements se mettent à ressembler à des meetings. Et qui en parle ? Personne ou presque. Comme si les presque 20% de l’homme à l’élection présidentielle n’avaient pas existé.

Commençons par regarder qui sont ces candidats REM issus de cette pseudo société civile. Pour la plupart, avocats, patrons, cadres supérieurs. Le fait de les qualifier de société civile les rend-t-il plus proches du peuple ? Combien d’ouvriers, combien de salariés, combien de chômeurs, combien d’étudiants, combien de retraités, combien de « petits fonctionnaires », combien de femmes en position de l’emporter ? C’est donc cela, la société civile ? Admettons, mais pourquoi mettre cela en avant, comme une nouveauté, une exception ? Car La France Insoumise, de son côté, a investi des gens du peuple, des personnes aussi diverses qu’il est possible de l’être, des citoyens de tous statuts sociaux, de tous âges, des syndicalistes, des associatifs, des militants, des intellectuels, des ouvriers, la plupart novices en politique ; et ces gens qui sont sur le terrain depuis des mois, faisant du porte à porte, tractant jusqu'à la nuit, loin des caméras. Mais de cela, personne ne parle.

Et puis, REM a poussé le bouchon assez loin pour ne pas investir de candidats face aux ténors du précédent gouvernement ou de LR. Ils ont été désavoués, battus aux primaires, et les voilà adoubés, prêts à manger au râtelier de notre nouveau président. Là non plus, rien d’étrange. Qui en doutait ?

Au soir du second tour, le nouveau président a tout de suite fait savoir par ses porte-paroles qu’il avait été plébiscité et que les gens l'avaient élu pour appliquer son programme. Et depuis, l’argument tourne en boucle. Jusqu’à ce qu’il nous rentre dans la tête.

Allons bon. Avant le premier tour, Valls en tête, nombreux étaient ceux qui avaient déjà dit qu’il fallait voter Macron pour faire barrage au FN. Malgré cela, non seulement le FN s’est retrouvé au second tour (tu parles d’un barrage...), mais le score de Macron ne fut pas si élevé que cela. A peine plus d’un quart des voix, l’un des plus mauvais scores au premier tour d’un président élu sous la 5è république. Mais cela n’a pas suffi et au soir du premier tour, il fallait à nouveau faire barrage au point que Jean-Luc Mélenchon, qu’on qualifiait deux jours plus tôt d’immonde dictateur, a essuyé mille attaques pour ne pas avoir donné de consigne de vote autre que celle de ne pas voter pour Marine Le Pen… Tu parles d’un dictateur…

À la sortie, seulement une semaine après son investiture, Macron était crédité de seulement 45% d’opinions favorables, un record. C’est donc cela, le plébiscite ?
Mais les médiacrate sont malins. Ils nous embrouillent, nous laissent entendre que tout est fait et qu’à la limite, ce n’est pas la peine d’aller voter. Et derrière ce discours commence à émerger l’idée qui consiste à nous convaincre qu’on n’a pas le choix, qu’il faut une majorité à notre président, que sinon la France sera ingouvernable. Allons bon ! Les choses sont pourtant claires. La cinquième république permet une cohabitation. La dernière était celle de Lionel Jospin, et tous s’accordent à dire que cette période fut plutôt bonne pour la France du point de vue économique (même s’il y a de nombreuses critiques à faire sur cette gouvernance qui a provoqué la défaite à la présidentielle qui suivit). Et même sans cohabitation, c’est justement une assemblée diverse qui obligerait le président à chercher des consensus, qui l'empêcherait de passer en force.

Car le président veut aller vite, et pour cela, il compte gouverner seul ou presque. Revenons aux candidats de REM ; ces gentils « sociétaires civils » vont servir à peu près à une seule chose, au moins dans un premier temps : voter une loi qui leur permettra de ne plus voter de lois, donnant ainsi les pleins pouvoirs au président qui souhaite gouverner par ordonnances. Bref, c’est du 49-3 plus-plus.

Une autre idée circule en ce moment : on devrait paraît-il donner sa chance à Macron au prétexte qu’il faut essayer ce qu’il propose, que ça ne mange pas de pain. Autrement dit, il faudrait aller jusqu’à voter pour REM, même si on n’est pas d’accord avec le programme. Macron a été élu après tout, c’est donc pour appliquer « sa » politique (voir l’argumentaire ci-dessus sur cette question). Mais, qu’on se le dise, cette politique a déjà été essayée. Un peu partout dans le monde comme en Europe. Et en France par Macron lui-même (doit-on rappeler la question du travail le dimanche, l’ubérisation de la société, j’en passe et des meilleurs ?) ou par El Khomri qui ne cache pas son soutien au président. Donc, on a déjà essayé et ça n'a pas marché. Alors le président Macron veut aller plus vite, plus loin, plus fort. On peut être d’accord avec cela ; nous sommes en démocratie. Mais si on est contre, on ne doit pas souscrire à cette mascarade. Épargnons-nous la tristesse à venir, les regrets et les remords, les manifestations, le troisième tour social. Pour cela, il faut voter pour ses convictions, pour un programme.

Une élection, ce n’est pas un calcul politique ni un blanc-seing, une élection ça sert à exprimer des idées et à voter pour celles et ceux qui les portent, celles et ceux qui écriront les lois, celles et ceux qui gouverneront le pays. Car je le rappelle ici, les députés servent à cela et c’est sur la base d’une majorité que le pays est gouverné par un premier ministre. La président n’a pas ce rôle-là.

Pour ma part, vous l’aurez compris, je milite pour La France Insoumise et son programme l’avenir en commun (www.LAEC.fr). Que ferais-je d’autre ? Devrais-je trahir mes opinions au prétexte que nous avons perdu l’élection présidentielle ?

Non seulement je pense qu’il ne faut pas donner les pleins pouvoirs au président Macron (on sait d’ailleurs ce qu’il en fera), mais je pense que la victoire est possible.

Les 11 et 18 juin prochains, je plaide pour que nous votions massivement pour les candidats de la France Insoumise. Et pour ma part, je ne serais pas contre un premier ministre qui se nommerait Jean-Luc Mélenchon.

D'ici là, il nous faut avancer, convaincre. La victoire est possible. La victoire est souhaitable.

Et attention, seuls les candidats dont des bulletins de vote avec le PHI et la photo de Jean-Luc Mélenchon, sont investis par la France Insoumise.

J-Luc Menet, 25 mai 2017